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Le blog d'Ent'Raid 49

J1 du GR20 - Lundi 2 juin 2014 : Calenzana - Vergio

2 Juin 2014 , Rédigé par entraid49

Lundi matin 3h00 nous sommes tous les 5 devant la célèbre pancarte symbolique du départ du GR20. Sans la moindre conscience bien sur de ce qui nous attend. J'ai bien bossé le sujet à distance avec Vincent Delabarre mais de la théorie à la réalité du terrain il y a parfois un monde. Nos trois assistants Rico et Valérie sont un peu les régisseurs tandis que Nano est l'ostéopathe chargé de remettre tout le monde sur pied chaque soir. L'équipe est soudée, homogène et nous nous connaissons bien.


L'entame est idéale. Le sentier sinueux s'élève dans les hauteurs, la pente est raisonnable pour une mise en jambe. Très vite nous apercevons les lumières de Calvi, puis la Méditerranée et enfin, à la faveur d'un magnifique lever de soleil, le panorama tout entier. Les données sont simples, nous grimpons d'emblée au refuge d'Ortu di u Piobbu pour +1300m entre forêts et passages rocheux. Le paysage est époustouflant. Un léger répit, et il faut s'élever de +800m encore. L'inclinaison est raide, le soleil tape, mais il suffit de lever les yeux pour comprendre. Les cimes offrent un relief torturé et majestueux. Nous passons d'un versant à l'autre par des cheminées abruptes et des couloirs tortueux. La première grosse descente est à classer dans la catégorie " caillasses et pente sévère ". 700 m de dénivelé pour plonger au fond de la gorge et atteindre le refuge de Carozzu. Pause ravitaillement en eau. Le ton est donné et cette première partie visuellement extraordinaire laisse apparaître les particularités du site. Les hauteurs sont très minérales, la végétation s'y fait rare et le terrain est extrêmement difficile.


Le franchissement de la rivière par la passerelle et la montée qui suit résument parfaitement les premières impressions. C'est d'une beauté rare et d'une difficulté qui ne l'est pas moins. Nous finissons l'ascension avec crampons dans la neige pour atteindre la cime à plus de 2000m d'altitude. C'est juste magique. La descente sur Asco relève du rarissime. C'est très très raide, des cailloux partout, de l'eau ruisselle par endroit pour ajouter à la difficulté d'aller vite en descente.Il est un peu plus de midi quand nous atteignons l'ancienne station de ski, cela fait 9h que nous sommes partis. L'assistance est là et une petite pause ravitaillement et changement d'équipement nous prépare à aller titiller LA grosse difficulté de la journée, le cirque de la solitude. Nous n'avons pas trop d'infos sur les conditions d'enneigement si ce n'est que Vincent n'a pas pu y entrer la semaine dernière et que personne n'y passe en ce moment. Je sais que le site est vertigineux, une gorge de 200m de profondeur équipée de chaînes pour y permettre l'entrée mais surtout la sortie. Je garde à l'esprit les conseils de Vincent. Après une petite heure de pause réparatrice nous entamons l'ascension qui nous mènera au site. La météo est alors changeante. Les cimes ont accroché les nuages et le ciel s'assombrit. Le début de la montée sur sentier caillouteux est tranquille, si l'on peut dire, la végétation encore dense, et l'horizon nous rappelle qu'il va falloir grimper sérieusement dans la neige. Les premiers passages neigeux nous obligent à chausser nos crampons. Quelques passages rocheux offrent une alternance et tandis que la pluie arrive, nous attaquons une pente plutôt raide les pieds dans la neige. Le brouillard nous ôte très vite la vue des cimes et la grêle fait une apparition subite. Nous grimpons mais les conditions deviennent très compliquées. Nous sommes les seuls sur la pente sans avoir vu le moindre randonneur depuis deux heures. Notre cohorte prend l'allure d'une expédition. Nous grimpons crampons aux pieds, piolet à la main, emmitouflés sous une grêle battante vers un brouillard qui peu à peu descend vers la vallée. Le doute s'installe dans mon esprit. Je me sens responsable de nous tous et je réfléchis à l'idée d'embarquer dans le cirque mes amis. La neige se ramollit très vite avec la grêle, nous sommes équipés mais dans un froid sérieux, trempés, le brouillard a bouché la visibilité, et sur le parcours tout le monde nous a dit que le cirque était infranchissable. Nous grimpons encore mais je rassemble tout le monde. Ma décision est prise, je ne veux pas endosser la responsabilité d'embarque le groupe dans un tel endroit et dans de telles conditions. Nous tentons de joindre Vincent comme il me l'avait suggéré en cas de pépin, pour avoir son avis d'expert. La communication ne passe pas. Nous sommes partagés entre notre caractère sportif et nos conditions de pères de famille. Cet arrêt consultatif n'a pas mis très longtemps à faire poindre l'hypothermie. Nous rebroussons chemin. La vallée est toute entière frappée par la grêle. La descente, dans la neige restera un moment épique. Comme des gosses nous dévalons la pente en courant, en glissant, quittons nos crampons et décidons de courir jusqu'à Asco que nous avions quitté deux bonnes heures plus tôt. Sans être vertigineuse la descente est très glissante, mais nous nous réchauffons peu à peu. L'assistance, prévenue, à fait demi-tour. Fin de cette première journée entre déception, sagesse et émerveillement. Les propriétaires du gîte nous certifient que de toute façon le cirque de la solitude est fermé et infranchissable. La journée à été quoi qu'il en soit extraordinaire. Nous avons vu des mouflons, longé des cascades incroyables, franchi des crêtes torturées et pris un plaisir fou. J'ai la sensation d'avoir pris la bonne décision. J'ai surtout celle d'être un peu dans l'erreur en ayant tenu à ce pari un peu fou de boucler le parcours en quatre étapes. Nous avons vu tellement d'endroits dans lesquels nous aurions aimé passer plus de temps. Nous sommes tous les cinq subjugués par la beauté de l'ile d'une part et par la difficulté du terrain d'autre part. Le challenge sportif est une chose excitante et improbable. La beauté de l'endroit demande un peu plus d'oisiveté. La soirée est courte. Réveil à trois heures. Nous repartirons du col de Vergio et rebrousserons chemin pour récupérer une partie de l'étape.

J1 du GR20 - Lundi 2 juin 2014  : Calenzana - Vergio
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